Partager sur facebook
Partager sur google
Partager sur skype
Partager sur email

Vous avez dit compétences ?

Les nouvelles directives de l’orientation post bac, via parcoursup, laissent entendre que le lycéen doit savoir choisir son orientation par rapport aux compétences qu’il a pu repérer en lui.
Le sous-entendu : une orientation ne s’en remet pas au hasard des copains, d’une rencontre plus ou moins commerciale dans un forum, d’un ressenti personnel ou de son entourage, pour ne pas dire d’un regard vers le passé des parents plus ou moins conscient.

L’idée est excellente.

Mais comment ?

Une compétence c’est un « savoir agir en situation ».

Dit autrement, nous possédons tous des compétences sans savoir vraiment pourquoi nous les possédons. Parce que nous n’avons pas forcément clairement réfléchit dans notre tête les connaissances fondant cette « expérience », cette compétence.

Comme un enfant de cinq ans peut très bien produire par oral une phrase au futur, sans avoir jamais appris formellement ce temps dans un cours de français. 

Ou, comme une autre personne a le « don » d’apaiser les conflits ou les inquiétudes, sans avoir jamais appris les techniques se rapportant à la gestion de ce type de situations conflictuelles.

Cela renvoie au principe que dans l’enseignement et l’évaluation par compétences, les savoirs ne sont qu’associés. Ils ne sont pas premiers. Ils n’existent qu’en tant qu’ils permettent d’aider une personne à acquérir une compétence à un niveau qu’elle n’a pas encore atteint. 

Comment un lycéen peut-il ainsi juger de ses « savoir agir en situation », lui qui est si peu sollicité dans son envie d’agir ?
Et même comment peuvent le faire son entourage ou ses enseignants ?

Même si au collège de légères avancées existent, la programmation des formations au lycée est pratiquement entièrement fondée sur des savoirs théoriques : des chapitres, des séquences, des problématiques successives. Les programmes sont des empilements continuels de savoirs.

Cette programmation se fait de façon totalement disciplinaire, en tant qu’éléments séparés, ce qui empêche de voir à travers ces disciplines, les véritables compétences acquises. Jacques ARDOINO parlait si intelligemment « d’évaluation en miettes ». Comme si la personne qu’est l’élève existait séparément en EPS, en anglais, en français ou en math … comme une succession d’entités aveugles les unes des autres.

Alors le lycéen devrait savoir définir à partir de ses notes et appréciations juxtaposées, lues sur son bulletin, trimestriel ou semestriel, les compétences qui le fondent et qui peuvent déterminer les lignes de force de son avenir ? 

De qui se moque t’on ?

Mais l’enseignement supérieur vient à son heure, puisque chaque formation a vocation à définir les compétences spécifiques pour aider à choisir en toute connaissance de cause le meilleur parcours post baccalauréat !

Hélas !  Là encore, notre pauvre lycéen va se perdre dans des lectures d’experts, à travers des compétences tellement spécifiques qu’il n’y comprend rien.

Ou alors, on va lui proposer des compétences tellement vastes que plutôt que d’éliminer les formations qui ne conviennent pas, elles le renvoient à des méthodologies tellement générales qu’elles sont, par lui même, inévaluables, et surtout n’éliminent pas les formations.

Prenons-en pour preuves les exemples délivrés par l’éducation nationale (référence : plan étudiant, accompagner chacun vers la réussite (sic !) :

  • STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) : argumenter, construire un raisonnement, synthétiser des informations. Construire un raisonnement à partir de concepts scientifiques.
  • Droit : produire des argumentations structurées, raisonner sur des concepts, capacité d’abstraction, de logique formelle et de déduction.
  • DUT génie électrique et informatique industrielle : élaborer un raisonnement adapté et structuré à partir d’une situation scientifique. Répondre à une problématique.

Ah là, on voit bien la différence !

Sauf qu’en plus, en DUT, il faut : avoir envie d’apprendre, fournir le travail nécessaire à sa réussite et savoir s’intégrer dans les travaux de groupes… ce qui n’est bien sûr absolument pas nécessaire dans les autres formations !!???

Franchement, on se moque des lycéens et des étudiants en leur demandant d’analyser leurs compétences sur la base de données, d’évaluations, qui ne les accompagnent en rien sur cette trajectoire.

De plus l’éducation nationale leur demande ceci alors qu’ils sont encore jeunes. Cet acte de repérage de ses propres compétences reste pourtant encore extrêmement difficile pour des personnes totalement adultes (je mesure continuellement cette difficulté dans mon métier de coach d’orientation)

Où ces jeunes auraient-ils pu avoir acquis cette capacité d’analyse deux mêmes à travers la multitude d’informations que leur renvoient l’institution, leurs enseignants ?

L’orientation par les compétences constitue l’avenir de la formation initiale et continue et, à travers elles, des femmes et des hommes dont toute l’existence professionnelle, mais aussi personnelle est concernée.

Fini de jouer ! 

Il s’agit de ne pas postuler l’évidence d’une orientation individuelle par les compétences.

Il reste pourtant possible d’approcher à travers les parcours scolaires et de vie les compétences potentielles ou développés des jeunes (ou des adultes).

Laissez faire les professionnels de l’apprentissage et de l’orientation et non les « DOCTEURS DIAFOIRUS » de l’éducation nationale.

Lire des bulletins, des notes, des parcours de vie et d’apprentissage, c’est une compétence …

Et au bout du compte, la note sur vingt est une note sur vie…

La lettre de motivation dans parcoursup

Parcoursup : pas uniquement les notes

Pour sortir de la seule logique des notes obtenues dans les disciplines d’enseignement du secondaire en vue d’orienter les élèves dans leurs études supérieures, il a été décidé de demander à ceux-ci de justifier leur projet d’orientation par un écrit.
Équivalent d’une lettre de motivation dans un processus de recrutement, la démarche est intéressante en  vous rendant un peu plus acteur de votre orientation.
Mais qui va être capable de vous accompagner dans ce difficile exercice ?

La lettre de motivation : pas uniquement une question de forme

Bien sûr il se trouvera toujours une personne pour donner quelques bons conseils … même si elle – même ne s’est peut être jamais soumise à ce genre d’exercice pour son propre compte !
Mais le plus souvent, une personne non professionnelle va s’en tenir à des critères de forme : longueur, qualité rédactionnelle lexicale et syntaxique, présentation, orthographe.
Au mieux poussera t’elle plus ou moins intuitivement à interroger votre goût pour telle ou telle matière ou quelques engagements ou centres d’intérêt dans ou en dehors du lycée.
Mais une lettre de motivation n’est pas une démarche marketing : vous ne « vendez » pas un objet. Vous dessinez votre avenir !
Il ne  s’agit pas de tromper la vigilance d’un jury ou de déclencher son « réflexe d’achat » sinon, la première personne à être trompée risque d’être vous même.
La lettre de motivation interroge beaucoup plus profondément vos propres ressorts, votre histoire, votre personnalité, vos goûts et aspirations, et la correspondance entre ces ressources et la connaissance que vous avez de la voie de formation et des métiers que vous visez.

Votre motivation dans parcoursup : une démarche réellement introspective

Savoir expliciter pourquoi, à tel ou tel moment de votre vie, vous exprimez un projet d’orientation et / ou de profession tient à une connaissance minimum de vous même et du contenu effectif de ce projet.
S’engager dans un métier ou une voie de formation, c’est une sorte de mariage. Mais pas seulement un mariage d’amour, intuitif, irraisonné : c’est un mariage construit et objectivé entre vous et votre projet.
Il convient donc d’être capable de vous interroger sur ce qui vous motive dans ce projet d’avenir au regard de ce qui vous a déjà motivé dans votre histoire, jusqu’à présent.
Il convient donc aussi de  connaître convenablement ce projet avec lequel vous désirez convoler et de faire la preuve de cette connaissance dans votre lettre de motivation.

Se poser les bonnes questions pour obtenir les bonnes réponses

Des activités de questionnement mais aussi des repères pour analyser vos propres propos et pensées concernant vos motivations existent.
En effet les «psychosociologues »  interrogent depuis bien longtemps ce qui peut motiver une personne  à se lever le matin pour aller travailler.
Ce sont des outils professionnels conduisant à une démarche rigoureuse et systématique des ressorts de motivation qui vous sont propres et vous animent.
Ces outils ont pour but de déclencher un échange entre vous et la personne qui vous accompagnera et vous aidera à aller chercher, parfois assez loin, ce qui vous anime[1].
Ces mêmes repères permettront d’analyser les ressorts de motivation qui sont  à l’œuvre majoritairement dans telle ou telle voie de formation ou métier et vous permettront de juger l’adéquation de ceux – ci à votre personnalité.
Conclusion
Une bonne lettre de motivation c’est quelques heures de travail guidé sur soi, deux heures de recherche sur les métiers et voies de formation et une heure de rédaction … et au bout du compte, une bonne dose de certitudes supplémentaires sur la validité de votre projet.
Il s’agit de ne pas se tromper, ni sur les objectifs, ni sur les proportions !
[1] Rappel du sens du verbe « animer » : donner une âme !

Parcoursup : faire vite sans se précipiter

Les dernières directives concernant parcoursup le confirment :

le gouvernement ne cesse de valoriser les voies technologiques (BTS, DUT, licences professionnelles) et de vouloir limiter le nombre de jeunes qui se perdent dans certaines licences bondées, ou de façon générale des études supérieures sans grand débouchés. C’est un des objectifs principaux de parcoursup

Qui pourrait aller contre quand on connaît le coût exorbitant pour la nation d’une mauvaise orientation, mais aussi pour le budget de la famille, sans compter le coût humain que je peux malheureusement si souvent constater dans mon métier de coach d’orientation ?

Le gouvernement dit aussi vouloir aboutir à ce meilleur équilibre et à la diminution des échecs dans le supérieur par un meilleur accompagnement de la réflexion du jeune sur son projet d’orientation et professionnel.

Là par contre, pour le moment, c’est de la poudre aux yeux et on en reste au stade des intentions. L’avenir dira si cette réforme, encore une fois gribouillée à la hâte, se développera ultérieurement dans ce bon sens.

Dans l’état actuel des directives officielles, voici d’après moi ce que devraient envisager les lycéens de première et de terminale.

Pour les lycéens de première

Je réaffirme que l’étape de réflexion et d’information devrait commencer dès cette classe et non en Novembre de l’année de terminale.
J’invite les lycéens de première et les familles à ne pas attendre ces délais, bien trop courts, pour commencer à construire un projet post bac fondé certes, sur la connaissance des voies et établissements de formation, la connaissance des métiers, mais surtout la connaissance de soi : pilier de la décision totalement oublié.

Ne vous laissez pas obnubiler par la dévorante symbolique du baccalauréat.
Il faut vraiment basculer de la logique : « Passe d’abord ton bac » à « Pense d’abord à ton post bac » !

Je peux vous guider dans la construction de ce projet à l’équilibre entre les trois pôles : soi – même (ses compétences, ses motivations), les formations, les métiers.

Pour les lycéens de terminale

Qui n’ont pas suffisamment anticipé cette réflexion, il vous reste deux petits mois pour tirer le meilleur profit de cette réforme.

Je peux vous aider :

• Dans la construction et la rédaction de la motivation de votre parcours de formation.
   ◦ Il vous faut d’abord repérer et énoncer clairement vos motivations. Des outils d’analyse existent.
   ◦ Il vous faut faire les ponts entre ces motivations qui vous animent et celles qui sont à l’œuvre dans les métiers et voies de formation que vous envisagez. Là encore des repères existent.
   ◦ Il vous faut enfin rédiger de manière claire et concise vos motivations. Des critères doivent être suivis.

• Dans le repérage de vos compétences (même si le temps commence à manquer pour un bilan approfondi) :
   ◦ En vous attachant à dépasser la seule lecture de vos résultats scolaires pour découvrir ce qu’il y a de constant en eux en termes de points forts ou de points faibles.
   ◦ En recherchant des compétences que vous développez en dehors du cadre scolaire.
   ◦ En réalisant la correspondance entre ces compétences et celles qui sont attendues dans les métiers et voies de formation que vous visez.

Conclusion

Ces analyses réflexives (analyses de soi – même) sont bien complexes à mener seul, pour des jeunes comme pour des adultes.

Les directives officielles demandent au conseil de classe du deuxième trimestre d’examiner les projets de formation des lycéens avec « bienveillance et justesse ».

Je pense que vous avez tout intérêt à ne pas attendre l’un et l’autre, mais à les provoquer en construisant de manière rigoureuse vos arguments.

Orientation Parcoursup. La nouvelle plateforme d’admission post-bac

Coach Orientation, orientation parcoursup plan étudiant 2018

Trois constats ont conduit le gouvernement à revoir les procédures d’admission dans les établissements d’enseignement supérieur. Leur nouveau nom : Parcoursup

  • Le taux important d’échecs sur les deux premières années d’études supérieures qui provient de deux origines :
    • Des prérequis insuffisants, que ce soit au plan des méthodes de travail ou des connaissances.
    • Un choix d’études pas assez pensé et ne correspondant pas au bout du compte aux motivations et à la personnalité des étudiants.
  • Une surcharge de certaines filières conduisant à des conditions d’études déplorables et augmentant les risques d’échecs.
  • Une remise en cause de la légalité du fonctionnement de la plate forme APB par la commission informatique et liberté.

Des dispositions sur lesquelles les futurs étudiants ne peuvent pas agir :

  • Une nouvelle procédure Parcoursup  remplace APB :

    • Proposition par la plate forme parcoursup (normalement simplifiée !) de tous les établissements post bac (actuellement environ 85%  seulement étaient accessibles par APB).
    • Saisie des vœux mi-janvier (vœux regroupés par type d’étude).
    • Retour en Mai.
    • Signification des choix définitifs par l’étudiant très rapidement.
    • Septembre : délai de rigueur pour que l’institution (le rectorat) propose à chaque lycéen n’ayant pas eu d’affectation une formation « La plus proche possible de ce que souhaite le candidat ».
  • Un nouveau système de « sélection » :parcoursup

    • Arrêt du tirage au sort par APB dans les filières surchargées.
    • Transmission aux établissements sollicités par le lycéen d’un avis du chef d’établissement, via le conseil de classe, sur ses capacités présumées à réussir dans l’orientation choisie (sont adjoints les bulletins de première et de terminale).
    • Possibilité pour l’établissement d’enseignement supérieur de proposer un accès sous conditions de remise à niveau (tutorat, stage, cours supplémentaires, voire année supplémentaire).

Des dispositions rendant le futur étudiant plus acteur :

  • Un deuxième professeur principal dès Décembre pour une plus grande disponibilité, et deux semaines « orientation » pour mieux connaître les métiers, les procédures parcoursup (ex APB), les journées portes ouvertes. A charge pour le lycéen de s’engager dans les réflexions proposées.
  • Une mise à disposition de « prérequis nationaux indicatifs ». A charge pour le lycéen de faire l’effort d’une « auto-évaluation » la plus objective possible et de se faire aider pour cela.

Des limites actuelles qui nécessiteront vigilance de la part du futur étudiant.

Si cette réforme traduit une volonté de répondre aux problèmes actuels d’orientation post baccalauréat en France de nombreux points devront évoluer :

  • Les professeurs de lycée ne sont pour la plupart pas formés à un accompagnement du projet des lycéens :
    • Par méconnaissance de la diversité des filières et de leurs débouchés (surtout concernant les professeurs d’enseignement général).
    • Par centration sur les seuls résultats scolaires (souvent sans vision historique d’ailleurs) et dans une posture d’évaluation / jugement tendant à figer l’image de la personne.
    • Par impossibilité, statutaire, de permettre à l’élève de s’ouvrir réellement. Quel élève va se livrer vraiment en sachant que son interlocuteur sera aussi celui qui met des notes et des jugements sur le bulletin trimestriel ?
  • Le temps de construction est trop court. Certes le « parcours avenir » est sensé débuter dès le collège, mais dans les faits il n’en est pas toujours ainsi, et beaucoup d’élèves de terminale n’ont pas vraiment avancé à la fin du premier trimestre. Il reste donc deux mois pour répondre aux  questions : Qui suis-je ? Qu’est ce qui me motive vraiment ? Quelles sont mes potentialités réelles ? Que pourrai-je faire des quarante prochaines années de ma vie ?
  • Les journées portes ouvertes sont souvent des temps où beaucoup d’établissements ventent (vendent ?) leurs services, et le lycéen pas assez averti risque souvent de se trouver plus attiré par des critères de forme que de fond : Quand on ne sait pas ce que l’on cherche, on a du mal à trouver vraiment.

Il faudrait s’y prendre plus tôt et travailler en équipe avec de vrais professionnels de l’orientation. C’est la proposition d’accompagnement dans parcoursup de Gilles BONIN coach en orientation.

Partager sur facebook
Partager sur google
Partager sur skype
Partager sur email